Johnny et moi, une histoire de rateau

8 Oct

Johnny et moi, c’est une longue histoire d’amour.

Enfant j’avais bien entendu mes parents un jour parler de la bande à Johnny, avec Eddy Mitchell et les autres. Des voyous dévergondés qui agressaient les petites vieilles avec des chaines de vélo…

Plus tard, adulte, je me suis tapé des dizaines de poster de Johnny. Oh non, pas chez moi, pas dans ma chambre ni celle de l’une de mes soeurs ! C’est juste que je travaillais comme graphiste pour un concepteur de posters qui revendait ensuite aux grands magasin tels que Casino, Galeries Lafayettes, etc. Je concevais des posters « floqués » qui se vendaient comme des petits pains. Enfin quand je dis « concevais » je me comprends. Il n’y avait aucune place à la création, à l,’ou à l’originalité. Dès que je m’écartais un peu de la « ligne éditoriale » je recevais immédiatement des commentaires du style « Non, pas vendable ». Et la ligne éditoriale c’était Johnny Halliday, des chiens, des chats et des chevaux. Point, à la ligne.

Ouais, Johnny se vend toujours bien en France.

Alors avec mon collègue graphiste, on passait nos frustrations de « créateur » en signant nos oeuvre à l’insu de notre employeur : on glissait en tout petit ou en filigrane sur des textures, des dessins, images et photos qui n’avaient aucun rapport avec le poster. Des Droopy, des Goldorack, des femmes lascives (une seule fois !) et des « gueules » copiées ici ou là. Pas une, pas deux, mais des dizaines de fois copiées un peu partout sur les posters. Quand on les regardait par la suite, souvent on ne pouvait s’empêcher d’être pétés de rire au grand dam de nos patrons, des gens adorables en passant, qui nous pensaient juste très complices.

Ça pour être complices…

Tout ça pour dire que Johnny me sort par les yeux. Alors quand un de mes  collègues ici m’a dit la semaine dernière que Johnny Hallyday était en concert à Montréal je n’ai pas pu m’empêcher de pouffer de rire et de me remémorer les moments les plus épiques de mes anciennes « falsifications ». Face à la bonne humeur que j ‘affichais  à travers le téléphone, mon collègue avec qui j’étais en communication, qui n’en rate jamais une pour délirer un peu avec moi au boulot, commença alors à me sortir des vannes auxquelles je répondais volontiers.

À la fin de notre « conversation » téléphonique, j’ai fais allusion à un chanteur québécois très célèbre qui avait repris quelques grands succès de Johnny. Je parlais alors de Johnny qui était « has-been » et de ce québécois qui au contraire avait su valoriser une chanson plutôt médiocre par ailleurs.

Subitement, une nouvelle collègue qui était juste à côté de moi me regarde avec de grands yeux. Je lève un sourcil dans sa direction. Elle me fixe et me dit « C’est mon père ». Je souris à sa bonne blague, bien que légèrement impromptue, et je conclus au téléphone. Je regarde ensuite la fille et lui dit « Elle est bonne » (la blague), « Ta mère c’est la princesse Leïa ? ». La fille soutien mon regard et insiste : « Non, c’est mon père, vraiment ». Ne comprenant pas bien où elle voulait en venir j’ai tourné les talons et j’ai quitté les lieux.

Deux minutes plus tard, je n’en pouvais plus : je me suis informé du nom de la fille.

C’était bien son père.

Putain…

Mais non, pas elle, c’est juste une expression ^^

-Cc

4 Réponses to “Johnny et moi, une histoire de rateau”

  1. mouton 8 octobre 2012 à 13 h 23 min #

    Ou l’art d’avoir tapé dans le mille sans le savoir. Heureusement que tu ne l’a pas mis dans le même panier.

  2. Ccelyo 8 octobre 2012 à 22 h 54 min #

    Ben non ! En plus je l’aime bien son père…

  3. valauxa 9 octobre 2012 à 5 h 05 min #

    Heureusement que tu as dit des truc plutôt cool🙂 Rhoo punaise, tu avais quelle probabilité ?

  4. Ccelyo 9 octobre 2012 à 6 h 01 min #

    Zéro, aucune. C’est le truc le plus improbable qui me soit arrivé. Je ne me serais jamais attendu à voir une enfant de vedette du showbiz dans la boite où je bosse. Marrant quand même comme le monde est petit !

Les commentaires sont fermés.

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